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questionnaires au secteur culturel, ADDA 32 dans le Gers

questionnaires au secteur culturel. Actions de l'ADDA 32 dans le Gers

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questionnaires au secteur culturel
© Adda32

Questionnaires au secteur culturel

Fragilité ou occasion de solidarité et d'innovation ?
  Avril 2020

Après la sidération, les acteurs culturels tentent de réagir mais le flou actuel concernant le moment et les modalités de reprise de leurs activités montrent une grande disparité dans la façon d’appréhender les mois à venir et de se projeter. Une chose est certaine : le secteur culturel déjà fragile dans le Gers avant la crise du Covid-19 a commencé la traversée d’une crise grave. 200 questionnaires ont été envoyés aux acteurs culturels du spectacle vivant par l’Adda avec des questionnaires spécifiques par activité (écoles d’enseignements artistiques et de pratiques amateurs, compagnies professionnelles, festivals, organisateurs de spectacles) et un taux de retours supérieur à 30%. Ils ont été complétés par des entretiens téléphoniques menés par l’équipe de l’Adda.
Vous trouverez ci-dessous des éléments d’analyses par secteur. Les arts visuels n’ont pas été oubliés et ont été pris en compte dans un travail spécifique avec les services du département. Nous avons voulu réagir rapidement dans les toutes premières semaines du confinement. Le flou persistait et l’absence d’informations fiables ou définitives sur le déroulement des festivals cet été, par exemple, rendaient et rendent toujours extrêmement difficile toute évaluation et projection.

Néanmoins, dans un département rural comme le nôtre, la très faible structuration des acteurs, souvent associatifs et s’appuyant sur le bénévolat, rend l’offre de pratiques culturelles fortement sujette à toute situation d’instabilité. Elle est pourtant une force de la qualité de vie et du bien-être social de la population, qui se saisit de cette offre qui contribue à faire du Gers non pas un désert culturel, mais un territoire d’initiatives singulières, dont Ciné 32, Jazz in Marciac, le Centre Photographique de Lectoure, Tempo latino ou CIRCa sont les fleurons mais cachent une multitude d’engagements et de pratiques dans le domaine culturel et plus particulièrement du spectacle vivant. Évidemment, cette vitalité culturelle constitue un atout pour l’attractivité de notre territoire et contribue à sa réussite touristique, par exemple, et à l’intégration de la population dans la vie sociale et éducative.

Nous avons eu une approche en direction des structures culturelles et non au niveau des salariés, intermittents ou bénévoles. Naturellement, la capacité de ces structures à passer la crise et à gérer l’emploi a une conséquence directe sur l’emploi et la dynamique bénévole, et des retombées indirectes sur l’économie.

Si chaque structure culturelle est différente, nous pouvons affirmer cependant qu’elles ont toutes trois caractéristiques en commun :
- A l’origine de l’activité, une initiative citoyenne qui implique encore aujourd’hui les citoyens dans des actions bénévoles ;
- Une identification sur leur territoire comme des acteurs de la vie locale, souvent soutenus par les collectivités ;
- Une forte dépendance aux recettes propres.

Ce dernier point est capital pour la suite. Beaucoup plus de la moitié des ressources des acteurs culturels du Gers sont des recettes qui viennent de la billetterie de spectacles, de l’adhésion aux associations, du règlement de cours, stages et autres ateliers y compris au sein d’établissements scolaires, d’Ehpad ou encore d’IME…

La solidarité des citoyens, et de tous, est donc très importante. Si chaque citoyen qui en a la possibilité accepte de ne pas demander le remboursement du service culturel qu’il n’a pas eu ou qu’il a eu partiellement, il confortera de façon significative la structure culturelle qu’il a l’habitude de fréquenter (école de musique, de danse, festivals, saison culturelle...).

Cette solidarité s’applique également aux nombreuses structures privées ou publiques, qui font appel à des intervenants culturels ou artistiques.

Des soutiens des pouvoirs publics au secteur culturel se mettent en place et chaque acteur doit y être attentif. Ces mesures sont déterminantes et chaque collectivité s’appuie sur des éléments d’analyse, d’où la multiplicité des études et questionnaires en cours. Merci de jouer le jeu et d’avoir joué ce jeu, cela devrait permettre des interventions plus justes car notre étude révèle que les situations sont très diverses. L’Adda relaye sur son site internet depuis le début les différents dispositifs, qui ne cessent de s’actualiser.

L’ensemble de ces solidarités permettra, nous l’espérons, de limiter l’impact de cette crise sur l’économie du secteur culturel et les emplois, directs ou indirects comme dans le champ du tourisme.

Mais comme pour le reste de la société, cette mise en arrêt du secteur culturel gersois doit être l’occasion de repartir différemment, de créer de nouvelles solidarités, de mieux identifier les faiblesses et de rechercher des solutions ensemble.

Les questionnaires nous ont démontré combien la vie culturelle gersoise est interdépendante d’autres secteurs (social, tourisme, éducation...) et d’autres territoires.

Loin du repli sur soi, sur son territoire ou sur sa culture, nous devons envisager l’avenir différemment afin que l’ambition culturelle - qui est l’émancipation de l’individu et du collectif par la culture, les pratiques culturelles, la fréquentation des œuvres - continue à contribuer fortement à l’enjeu du vivre ensemble. L’art et les artistes ont plus que jamais leur place dans cette période de transformation qui dépend de nos capacités à la mettre en œuvre, à inventer ensemble un secteur culturel aux acteurs moins fragiles et isolés. Modestement mais avec détermination, l’Adda entend apporter sa contribution à cet avenir culturel gersois d’après Covid-19 !

Marc Fouilland
Directeur

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