Concert
Concert Imbert Imbert
Ce samedi 31 octobre, nous l’accueillerons en duo, avec l’accordéoniste Cédric Pierini.
Depuis près de vingt ans, Imbert Imbert trace un chemin singulier dans la chanson française, à la croisée du rock, du jazz et de l’improvisation, porté par une écriture libre, frontale et profondément sensible. Sur scène, sa contrebasse — instrument massif et complice — devient une extension du corps et de la voix, un point d’ancrage autour duquel les chansons prennent feu.
Entre rugosité et poésie, colère et tendresse, lucidité et élans vitaux, ses textes, jamais décoratifs, explorent les failles humaines, les désordres intimes et les petits bonheurs salvateurs, sans chercher à lisser ni à rassurer.
Balances publiques & assiettes à partager dès 18h30.
Vous pourrez diner à partir de 19h30, en réservant votre repas. Le concert débutera à 21h15.
Mon père, à ses premiers balbutiements, eu le dos dévoré par le feu. Il vécu une grande partie de son enfance dans les hôpitaux, ce qui fit naître en lui, à la fois le désir de rester debout (comme il le fut jusqu’à la fin de sa vie), et comme pour conjurer le sort, d’apprivoiser le feu. Il commença par forger le métal, le tordre, le fondre, puis créa sa première cheminée. Il se coupait les cheveux au briquet, attrapait les plats chauds sortis du four à mains nues ou déplaçait les buches à même le feu. J’adorais ça. J’avais 11 chansons. Dont une exempte de mots, comme une virgule. D’ailleurs, c’est son nom, « Virgule », c’est le septième titre de ce disque. C’est une respiration, une prise d’élan pour venir à bout d’un au revoir ou d’un adieu sans jamais y parvenir. Parce qu’on n’en finit pas de perdre un père. Mais le silence est le berceau des mots. Tout comme la musique. Des mots j’en avais plein quand il est mort. Jamais les bons bien sûr. On ne sait pas dire adieu et c’est tant mieux. Je les ai posés dans ce berceau que m’avait forgé papa et je les ai regardés grandir, s’agencer dans le désordre de l’amour et s’embraser. C’est donc un hommage à mon père, feu Dominique Imbert, émissaire du feu. Mais cet album c’est aussi celui des musiciennes et musiciens qui l’ont enregistré. Le quartet qui m’accompagne depuis 7 ans déjà : Brunoï Zarn, frère de Boucan à la guitare folk, Mathieu Werchowski au violon, Laurent Paris aux percussions, et puis Lucie Delmas au marimba, qui s’est jointe à cette bande d’insoumis comme une lettre à la poste, Emmanuelle Ader et Esther Marlot aux chœurs. Enfin, notre invité de marque René Lacaille à l’accordéon, qui nous dit que c’est « un des plus beaux albums » auxquels il ait participé ! Quand on sait que l’on fêtait ensemble, au Théâtre Molière de Sète devant 900 personnes, ses 70 ans de musique l’année dernière, ça nous donne une idée de l’importance du compliment. Enfin le studio La Buissonne et Gérard de Haro aux manettes. Un studio qui me fascine depuis que je suis en âge d’en apprécier les héros, de Bruno Chevillon en passant par Carla Bley ou Charlie Haden. Un palace du son. Plutôt tourné vers le jazz comme vous pouvez le constater. On a donc tout enregistré live, avec les regards, les respirations, la musique et les silences qui n’auraient pas la même valeur sans elle, tout comme l’univers sans nous.


