Enquête sur la santé financière et les modèles socio-économiques des associations artistiques et culturelles du spectacle vivant dans le Gers

Une culture vivante, un équilibre fragile

Dans le Gers, la culture se vit au plus près des habitants. Elle s’incarne principalement dans les associations ; les équipes artistiques professionnelles, l’enseignement artistique, les pratiques amateurs, les ensembles choraux et instrumentaux, les saisons et festivals et les nombreuses initiatives qui font vivre nos communes.

L’enquête menée par l’Adda du Gers auprès de 237 associations de spectacle vivant le montre avec force : notre département dispose d’un tissu culturel particulièrement dense et dynamique. Dans un territoire très largement rural, ces associations ne sont pas de simples opérateurs culturels. Elles contribuent à l’animation des communes, à l’accès aux pratiques artistiques, à la diffusion des œuvres, à l’emploi, à l’attractivité des territoires et, plus largement, à ce qui fait lien entre les habitants.

Cette vitalité repose pourtant sur un équilibre fragile 88 % des associations jugent leur santé financière bonne, mais 43 % se déclarent incertaines ou inquiètes pour l’avenir. Et derrière cette moyenne se cachent de fortes disparités : les structures qui emploient, enseignent, produisent ou programment sont particulièrement exposées aux baisses de financements publics.

Une diminution de soutien public ne signifie pas seulement réduire un budget. Elle peut entraîner une baisse d’activité, une programmation moins ambitieuse, le non-renouvellement de contrats de travail ou, à terme, remettre en cause la pérennité d’un projet. Dans le spectacle vivant, les fragilités se répercutent d’un acteur à l’autre : moins de programmation, c’est moins de spectacles vendus ; moins de spectacles vendus, c’est moins d’emploi artistique. Lorsqu’une école de musique ne peut plus équilibrer son budget, c’est son offre d’enseignement et ses emplois qui sont menacés.

Pour autant, les associations ne sont pas dans l’attente passive d’un soutien. Elles cherchent à diversifier leurs ressources, à développer leurs activités et à renforcer leur autonomie. Mais cette capacité d’adaptation a ses limites. La diversification ne peut être la seule réponse à la baisse des financements publics.

Le soutien des collectivités ne se limite d’ailleurs pas aux subventions. 79 % des associations bénéficient d’une aide en nature : mise à disposition d’une salle, de matériel, soutien logistique ou technique. Dans de nombreux territoires, cette aide est ce qui permet tout simplement au projet d’exister. Derrière un équipement prêté, une salle ouverte, un véhicule mis à disposition ou un appui technique, il y a des politiques culturelles concrètes.

L’enjeu des prochaines années est donc moins de sauver un modèle que de permettre à un écosystème de continuer à évoluer. Soutenir les associations culturelles, c’est conforter celles qui sont autonomes, accompagner celles qui se professionnalisent, sécuriser l’emploi culturel, préserver l’enseignement artistique, maintenir la diversité des programmations et permettre l’émergence de nouveaux projets.

Cette enquête nous rappelle ainsi une évidence : la culture associative n’est pas une dépense périphérique, mais une force du territoire. Elle crée de l’activité, de l’emploi, de la transmission et surtout du lien social.

La richesse culturelle du Gers tient grâce à celles et ceux qui organisent, enseignent, répètent, programment, accueillent, transportent, administrent, transmettent et, souvent bénévolement, donnent de leur temps.

Le Gers dispose d’un tissu culturel vivant, engagé et inventif. Il nous appartient collectivement, citoyens, partenaires, collectivités… de lui donner les moyens de le rester.

L’équipe de l’Adda du Gers vous souhaite une bonne lecture et vous invite à découvrir les résultats complets de cette enquête.